LA FIN DE L'INNOCENCE
Il ya la guerre, et il y a la guerre selon le cinéma. Elle fait moins de morts, moins de mal, coûte moins cher mais pose beaucoup plus de problèmes ethiques.Celle que Sam Mendes filme s'inscrit dans la grande tradition des oeuvres antimilitaristes comme FULL METAL JACKET ou APOCALYPSE NOW . Elle montre le néant des bruits de bottes, la folie qui explose dans la tête des trouffions et la stupidité de la soumission à une cause dont on ne comprend ni les origines , ni les conséquences... JARHEAD, c'est l'histoire de Swoff, un jeune paumé de l'Amérique qui décide de partir avec d'autres jeunes cons de son âge dans le désert irakien défendre des puits de pétrole en flamme. C'est le guerre du Golfe et tout se passe du point de vue des militaires, impatients de bastonner du bronzé moustachu. Mais ça n'arrivera jamais. A mi chemin entre LE DESERT DES TARTARES et les films de Kubrick et Coppola précités, JARHEAD est à la fois très ancré dans son époque et très intemporel. Par sa bande son, le film cultive le passé proche, les nineties et sa musique délibérement joyeuse en réponse à une génération désoeuvrée.Mais par son esthétique , son propos, le film mène une réflexion globale sur la beauté de la guerre , son caractère glamour et sa fonction quasi religieuse tant elle donne un sens à la vie des soldats. Au final , JARHEAD s'inscrit clairement dans une école de cinéma contestataire , largement balisé, qui décortique l'humanité dans des situations de violence absolue.
( in "Score" janvier 2006 )






