Samedi 12 décembre 2009
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Adapté du roman de Cormac Mac Carthy, le film réalisé par John Hillcoat a été tourné pendant l'hiver 2008 et s'il ne sort qu'aujourd'hui, c'est parce qu'un soin tout particulier a été apporté a sa
conception finale , et le choix d'un lancement discret , efficace et très intelligemment ciblé fut fait ( rappelons que le blockbuster 2012 est sorti un peu avant et risquait de lui faire
ombre, mais ce ne fut heureusement pas le cas... ).On a déjà parlé de LA ROUTE ici sur Cinewide, et maintenant que le film est livré au public, nous pouvons enfin dire tout le bien que l'on en
pense. Véritable odyssée presque métaphysique, voyage initiatique d'un enfant confronté à l'horreur et à l'inconnu, LA ROUTE raconte comment , dans un monde dévasté par semble t'il une apocalypse
nucléaire, un homme ( dont on ne connaitra jamais le prénom ni le nom ) et son jeune fils de 12 ans , essaye de rejoindre la côte sud des Etats Unis ( là encore rien n'est explicite , mais nous
sommes bien aux USA ) , pour survivre à un hiver devenu perpétuel . Autour d'eux , plus grand chose : rien à manger, plus d'essence ni de voitures, les rares survivants sont des pillards affamés ,
et bien souvent mangeurs de chair humaine . Il faut donc avancer tant bien que mal dans ce cauchemar éveillé , et rester en vie sans devenir une bête.Mais c'est ici que s'arrête la comparaison avec
d'autres films ayant déjà traités le sujet .Pour le réalisateur , tout sera dit et montré par petites touches, avec infiniment de pudeur et de sensibilité. S'attachant à décrire l'histoire de
c
e père qui n'a qu'une idée en tête , sauver son fils et
l'amener vers un endroit qu'il pense meilleur. On est donc au plus près de leurs peurs et de leurs souffrances, et Vigo Mortensen , de tous les plans du film , méconnaissable et ravagé par la faim
et la maladie, est extraordinaire, ainsi que le jeune Kodi Smit Mc Phee.Refusant le spectaculaire à outrance et créant un univers apocalyptique hyper réaliste , Hillcoat et ses comédiens nous
donnent à réfléchir sur les notions d'humanité, de partage et de lutte entre les hommes. Car , ne nous leurrons pas , même si le pari pris humaniste du scénario ne fait aucun doute, la bête tapis
au plus profond de chacun n'est jamais loin , et le cinéaste semble nous interroger : et nous, que ferions nous dans les mêmes circonstances de désespoir pour protéger ceux qui nous sont chers?
Soulignons aussi l'extraordinaire direction artistique du film, emmenée par l'étrange photographie monocrome du chef opérateur Javier Aguierresarobe , qui baigne les étonnants décors du film d'une
lumière sépulcrale de fin du monde , et la musique lancinante de Nick Cave. Le film recèle bien sûr quelques séquences de pure terreur ( la rencontre avec les cannibales , la visite de la maison
qui leur sert de garde manger... ) qui contrastent fortement avec les flash back de la vie d'avant la catastrophe , lorsque le bonheur était le lot quotidien des personnages, ces séquences sont
d'ailleurs filmées dans les couleurs éclatantes d'un printemps prometteur , jusqu'au moment ou apparait la Grande Lueur...
Film sur les humains , film sur l'amour entre un père et son fils, film sur la survie et la lutte pour rester digne, grand film fantastique , LA ROUTE est un véritable chef d'oeuvre dont les images et le plan final vous hante bien longtemps après la projection. A la fin du voyage , l'Enfant est devenu un homme, et l'espoir va sans doute renaitre...Voilà sans doute le plus beau message de cette fin d'année cinématographique.
e père qui n'a qu'une idée en tête , sauver son fils et
l'amener vers un endroit qu'il pense meilleur. On est donc au plus près de leurs peurs et de leurs souffrances, et Vigo Mortensen , de tous les plans du film , méconnaissable et ravagé par la faim
et la maladie, est extraordinaire, ainsi que le jeune Kodi Smit Mc Phee.Refusant le spectaculaire à outrance et créant un univers apocalyptique hyper réaliste , Hillcoat et ses comédiens nous
donnent à réfléchir sur les notions d'humanité, de partage et de lutte entre les hommes. Car , ne nous leurrons pas , même si le pari pris humaniste du scénario ne fait aucun doute, la bête tapis
au plus profond de chacun n'est jamais loin , et le cinéaste semble nous interroger : et nous, que ferions nous dans les mêmes circonstances de désespoir pour protéger ceux qui nous sont chers?
Soulignons aussi l'extraordinaire direction artistique du film, emmenée par l'étrange photographie monocrome du chef opérateur Javier Aguierresarobe , qui baigne les étonnants décors du film d'une
lumière sépulcrale de fin du monde , et la musique lancinante de Nick Cave. Le film recèle bien sûr quelques séquences de pure terreur ( la rencontre avec les cannibales , la visite de la maison
qui leur sert de garde manger... ) qui contrastent fortement avec les flash back de la vie d'avant la catastrophe , lorsque le bonheur était le lot quotidien des personnages, ces séquences sont
d'ailleurs filmées dans les couleurs éclatantes d'un printemps prometteur , jusqu'au moment ou apparait la Grande Lueur...Film sur les humains , film sur l'amour entre un père et son fils, film sur la survie et la lutte pour rester digne, grand film fantastique , LA ROUTE est un véritable chef d'oeuvre dont les images et le plan final vous hante bien longtemps après la projection. A la fin du voyage , l'Enfant est devenu un homme, et l'espoir va sans doute renaitre...Voilà sans doute le plus beau message de cette fin d'année cinématographique.






